L'accouchement, moment intense, intime et merveilleux...

Je pose mes mots pour ne jamais oublier...


Samedi 12 novembre 2016 : il est tard et je suis dans mon lit. Je me sens bizarre, je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’ai comme l’impression que quelque chose en moi est en train de changer. J’avoue que ça fait 9 mois que je vois que je change, et pas seulement moi lol, mais là c’est différent... 
Demain matin, j’ai rendez-vous à la maternité, car c’est le jour du terme et bébé n’est toujours pas arrivé. Depuis le début de la semaine nous allons tous les deux jours voir où en est mon col et si le travail a commencé. Mais rien ne se passe…
Et pourtant ce soir j’ai comme l’impression que demain va à être un jour différent.

Dimanche 13 novembre 2016 : je me suis levé très fatigué. J’ai très peu dormi cette nuit et je ne suis pas la seule, mon compagnon aussi.
10 h : Nous partons direction la maternité, sans valise de naissance, car je n’ai toujours aucune contraction. Sur le trajet, nous organisons notre journée et prévoyons une bonne sieste une fois à la maison.
Nous arrivons aux alentours de 11 h, la sage femme m’installe dans un box, sur un brancard me pose le Monitoring de contrôle et nous patientons. 
«Vite, que ça finisse j’ai trop envie de dormir»

3/4 d’heure plus tard la sage femme est de retour, elle me signale qu’il y a quelques petites contractions, mais que tout est normal. Prête à me laisser partir elle décide finalement de regarder mon col... (je vous passe les détails de l’examen lol)
Après quelques secondes de silence, elle me regarde avec stupeur et me dit :
– Vous n’avez pas mal depuis hier?
– Non, rien du tout
– Parce que là vous êtes à 4 de dilatation...
– okay (à vrai dire je ne comprends pas vraiment ce qu’il se passe, et surtout ce que ça veut bien dire...)
– Bon, ce que l’on va faire c’est que je vais vous perfuser, vous allez descendre un peu marcher et vous revenez d’ici une demi-heure.
– euh.... (je ne comprends pas vraiment où elle veut en venir, et je vois que mon amour ne capte rien non plus) 
Au lieu de lui dire que c’était moi qui ne pigeais rien, je lui dis :
– Mon compagnon n’a pas compris 
Elle se tourne vers lui et lui dit : 
– Vous allez rester, l’accouchement est pour aujourd’hui.

Nous nous sommes regardés ébahis....
«Merde! On n’est pas prêt! On n’a pas d’affaires, on est fatigués, et j’n’ai pas mal... c’n’est pas possible!»

Pendant qu’elle me laisse encore un peu sous monitoring, mon homme décide d’aller chercher les valises de maternité à la maison.
Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi seule... 
Pendant son absence, je ne cessais de me dire que si je n’avais pas eu mal jusque là, je pouvais aussi accoucher avant qu’il arrive...


💖

12 h 59... Je pense... «J’ai faim! (Bien sûr, je n’ai pas déjeuné avant de venir). Je suis contente! Je vais être maman! C’est le jour J! Mais c’est normal que je n’ai pas mal?! Purée chéri, tu arrives quand! Je ne suis pas prête! Je n’ai rien oublié dans ma valise? J’ai pas mal c’est bizarre! Merde, merde, merde je ne me suis pas rasé les jambes! Je ne vais pas faire de sieste fait c****! J’ai envie de faire pipi, je vais pouvoir y aller avant? Oh bordel, bordel chéri reviens.. !!»

Mon amour a fini par revenir, mais sans les valises, il avait oublié les clés!


Aux alentours de 13 h 30 nous sommes descendus boire un café. J’ai appelé mes parents pour leur dire que leur petit fils allait enfin arriver puis nous avons attendu à l’extérieur, au soleil quelques minutes. 
Toujours sans douleur, je suis remonté dans le service, une autre sage femme nous a accueillis. Elle a commencé à nous emmener vers un box similaire à celui d’avant, mais s’est vite fait arrêter par notre sage femme qui lui a dit : 
– non, non c’est en salle d’accouchement qu’elle doit allé
Beh oui tu m’étonnes, vu ma tête j’avais pas l’air d’accoucher dans peu de temps. 

Nous nous sommes installés dans la salle n• 4, je me suis déshabillé, j’ai enfilé un t-shirt et j’ai attendu assise au bord du lit. Rigolant (comme d’habitude) aux conneries de mon compagnon.

Bien, une demi-heure plus tard une nouvelle sage femme est arrivée.
– alors! C’est vous la dame qui n’a toujours pas mal. Allongez vous que l’on regarde ou vous en êtes.
Elle pose de nouveau un monitoring, recommence les examens et me regarde elle aussi avec stupeur.
– Votre col est à 7... à cette allure-là, vous pouvez accoucher sans péridurale, vous êtes sûr que vous la voulez.
– oui! (Alors là, hors de question de faire l’impasse sur la péridurale)
C’est toujours sans douleur que j’attends l’arrivée de notre petit Ange.
Une heure plus tard, de nouveau la sage femme, elle me regarde et me dit :
– alors toujours pas mal? (Avec un léger sourire)
– Non! Toujours pas! (À ce moment-là, je suis fière de moi!)
Elle m’ausculte de nouveau
– Dilaté à 8, on va percer la poche des eaux. Et là vous allez avoir mal! (Avec un large sourire) Dès que ce n’est plus supportable, on fait la péridurale.
Et elle avait raison, j’ai enfin eu mal, la douleur s’étendait jusqu’à mes lombaires, les contractions étaient longues, et de plus en plus douloureuses. J’ai craqué. Je veux la péridurale! Bordel!
Les heures suivantes furent douces... 
Vers 19 h 45 : dernier contrôle de la sage femme, mon col était enfin prêt, mais bébé ne se présentait pas très bien.
Elle m’a proposé de me mettre à quatre pattes pour le stimuler un peu et qu’il finisse sa descente dans le bon sens.
Tant bien que mal, j’ai réussi à me lever, la péridurale m’avait totalement endormie, même un peu trop. 
Au moment où je me suis retrouvé dans la position souhaitée, j’ai eu tout à coup la nausée, le cœur de notre petit bout s’est mis à ralentir, et il s’est retrouvé en souffrance. En voyant les gestes plus rapides de la sage femme, nous avons compris qu’il y avait un souci. 
Elle a ouvert les portes battantes de la salle de naissance, a appelée du personnel ainsi que l’obstétricienne et en l’espace de quelques secondes je me suis retrouvé sur le dos, les quatre pattes en l’air, du monde autour de nous et à devoir pousser aussi vite et aussi fort que possible.

L’obstétricienne face à moi, forceps à la main, une sage femme en face, aide-soignante, et auxiliaire autour de moi... À ce moment là on a peur, on ne comprend pas, mais on ne réfléchit pas. On écoute et on se laisse guider. Elles connaissent leurs métiers, elles ont l’habitude et j’avais confiance... Malgré mon angoisse j’ai tout donné, avec mon amour à mes côtés. Il a été comme je l’imaginais... un homme parfait, un compagnon parfait, et je savais qu’il allait être un merveilleux papa.
En même pas trois minutes, et quatre poussées IL était là, légèrement bleu et amoché, mais IL était là, sur mon ventre...

Il est 20 h 3 nous sommes parent pour la toute première fois.
Nous n’en revenions pas... 💗



 Hirō est là, 4, 130 kg — 55 cm... 




4 commentaires:

  1. Magnifique récit, vous pouvez êtres fière de ce que vous avez conçus avec tout votre amour ❤

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  2. Voilà j'ai encore pleuré !!!trop mignon!!!!!

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  3. @Amandine Canicatti: merci 😊 Apres tout ces mois de préparation et de gestation, Alain en a même perdu les cheveux. Mais ca en valait la peine 😁

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